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CrEation d'ELECTRE

  • il y a 6 jours
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 22 heures

Ici je partage l'histoire de la création de cette œuvre et pourquoi ça a été important pour moi.


Symbole du désespoir issue de la série SEPT SŒURS dans laquelle j'entreprends de réaliser un portrait psycho-magique symbolique en volume de chacun de ces personnages féminins mythiques.



Des sept sœurs/étoiles de la constellation des Pléiades, Electre est parfois perçue comme Mérope comme l'étoile qui se voit le moins et cette absence évoque l’exil lié à son histoire que l'on retrouve dans la mythologie grecque.



Gravure représentant une version scénique du ballet anglais d’Électre ou la Pléiade Perdue. 1800
Gravure représentant une version scénique du ballet anglais d’Électre ou la Pléiade Perdue. 1800



À l'image de sa discrétion lumineuse au sein de la constellation, l'histoire d'Électre est difficile à trouver. 


Très populaire, les tragédies de Sophocle et d'Euripide de son homonyme, ne se déroulent pas vraiment à la même époque et viennent fatalement masquer les autres textes antiques dans lesquels on découvre par bribes, l' histoire de notre Électre, fille d'Atlas et de Pléioné.


En revanche toutes ces figures partagent un même destin tragiques, le deuil et le désespoir. 

« C'est à Samothrace que demeurait Électre, la fille d'Atlas; les habitants la nommaient Stratége; Hellanique l'appelle Électryone. Elle eut de Jupiter trois enfants : Dardanus, qui alla bâtir Troie, et que les indigènes nomment Polyarque; puis Éétion, qu'ils appellent Jasion, qui fut frappé de la foudre pour avoir outragé Cérès ; et enfin Harmonie, que Cadmus épousa. »  (Schol. sur le v. 916 du 1er livre des Argon.)

Comme nombreuses de ses sœurs elle attirera malgré elle l'attention de Zeus et alors qu'elle tente de se refuser au Dieu des Dieux, elle vient supplier le Palladium, établi par Athéna. (Apollod. iii. 12. § 3.)

Ne supportant pas d'avoir été souillée par les mains d'une femme qui n'était plus une vierge pure, Athéna elle-même ou son père furieux, décident de la chasser des cieux en la précipitant sur terre.



C'est à cet instant précis, au terme de sa chute que je choisis de la représenter. À la fraction de seconde où elle touche le sol des mortels. Ses bijoux et les tissus qui la drapent sont comme suspendus à une gravité inversée. 

La chute de Troie et la mort de son fils feront finalement taire tous les espoirs qu'elle cultivait encore jusque là.


A la veille de ce tournant majeur de son existence on découvre dans le récit du mariage de sa fille Harmonie avec Kadmos :



« Puis Kadmos contempla la maison avec un regard errant : cette œuvre magistrale d'Héphaïstos (Hephaestus), que le dieu laborieux avait jadis construite pour Électre en tant que mariée, et embellie de nombreux ornements dans le bel art myrinéen de Lemnos. Tout le palais était neuf. Un seuil de bronze bien travaillé était devant. De grandes portes avec des piliers élevés s'ouvraient sur un vestibule richement sculpté, et un dôme surmontait le toit avec une tête arrondie visible au centre. Les murs étaient revêtus de pierres mosaïquées mises dans un ciment blanc du seuil à l'intérieur. Devant la maison, près de la cour, se trouvait une enceinte, vaste, quatre acres d'arbres lourds de fruits frais. Un palmier mâle étendait ses feuilles au-dessus du palmier femelle, promettant son amour. Il y avait des poiriers poussant à côté d'autres poiriers, tous du même âge avec des fruits glorieux, murmurant dans la brise matinale -- et avec ses grappes pendantes frappait sur la croissance pollardée d'une olive juteuse à proximité. Dans les brises du printemps, la myrte agita ses feuilles près du laurier réticent, tandis que le vent parfumé. Sur le figuier, mère des douceurs, et le juteux grenadier, le fruit rouge s'enrichissait au-dessus des fruits violets à côté de lui, et la pomme fleurissait près de la pomme... Telle était le jardin ombragé. Près de là, un ruisseau se divisait en deux ruisselets ; de celui-ci, les gens tiraient leur eau potable, de l'autre, le jardinier découpait l'eau en de nombreux canaux sinueux et la faisait passer de plante en plante : un ruisseau rit à la racine d'un laurier, comme si Phoïbos (Phoebus) [Apollon] chantait une douce mélodie à sa Daphné. »

  • et l'expression de sa résiliente mélancolie dans la tirade. '(issue du même texte )

« Mon invité, que sœur, pays et père passent dans le tourbillon de l'Oubli (Leithaie) et du silence inoubliable ! Car c'est ainsi que se déroule la vie des hommes, apportant trouble sur trouble ; puisque tous ceux qui naissent d'un sein mortel sont des esclaves par nécessité de Moira (le Destin) la Tisseuse. Je suis témoin, reine que je suis, si je suis jamais née moi-même l'une de ces Pléiades, sept filles que notre mère a un jour portées sous son cœur dans le travail, appelant sept fois Eileithyia lors de son accouchement pour alléger les douleurs de l'accouchement après l'accouchement -- je suis témoin.
Car ma maison est loin de celle de mon père ; aucune Stéropé n'est près de moi, aucune Maïa ma compagne, ni la sœur Kélaino à mes côtés près de mon foyer ; je n'ai pas dansé de long en large dans la Lakedaimon de ma sœur Taygète, ni porté le joyeux garçon sur mon bras protecteur ; je ne vois pas la maison d'Alkyoné tout près, ni n'entends Mérope elle-même prononcer un mot réconfortant ! Voici quelque chose d'autre que je pleure encore plus - dans la fleur de sa jeunesse, mon propre fils a quitté son foyer, juste au moment où le duvet poussait sur sa joue, mon Dardanos a émigré vers le sein de la terre idéenne ; il a donné la première pousse de ses cheveux au Simoeïs phrygien et a bu l'eau étrangère de la rivière Thymbrios. Et là-bas, à la frontière de la Libye, mon père endure encore des épreuves, vieux Atlas aux épaules meurtries, soutenant la voûte septentrionale du ciel. Malgré toutes ces grandes souffrances, je nourris un espoir réconfortant, par les promesses de Zeus, qu'avec mes autres sœurs je passerai de la terre aux étoiles de la voûte atlantéenne, et que je demeurerai au ciel, moi aussi une étoile avec mes six sœurs. Alors, calme aussi tes propres chagrins. Inattendu, pour toi aussi, le fil terrible de la Moira (Destin) déroule le tourbillon de ta vie errante, et le sceau est scellé. Aie le cœur d'endurer en exil le lien inflexible de la nécessité, et nourris l'espoir dominant qui préfigure les choses à venir... »

Plus tard, on comprend que malgré l'humiliation, l'exil, le deuil, elle continue sa progression.


Son histoire vient résonner chez moi comme le symbole de la clôture d'un cycle douloureux et me rappelle que chaque chute détient en elle l'énergie du rebond. 








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